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Ivresse et ivrognerie au Moyen Age
Publié le 14 Février 2015
Ivresse et ivrognerie au Moyen Age : entre "ebrietas" et "crapuila".

Danièle Alexandre-Bidon nous apprenait, dans une vidéo qui en avait surpris plus d'un, qu'il fallait envisager que les gens étaient au Moyen Age si grand consommateur d'alcool (3 litres en moyenne pour un homme et tout autant pour une femme) qu'ils ne tardaient pas à en devenir extrêmement malades (on le serait à moins). Elle terminait en précisant qu'il existe des portraits d'alcooliques chroniques qu'on peut retrouver au XVe siècle en peinture, un phénomène qui a suffisamment frappé les contemporains pour être mis en avant avec force détails on l'imagine.


Robert de Masmines (v. 1387-1431),
chevalier flamand, peint par Robert Campin (1430).
Huile sur bois, 35,4 × 23,7 cm, Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid.
 

Robert de Masmines (v. 1387-1431), considéré comme l'un des premiers membres de l'ordre de la Toison d'Or, fut gouverneur du duc de Bourgogne dans le comté du Hainaut (Belgique).
On rapporte également qu'il se serait vu reprendre son collier pour ivrognerie.
 
Le blog "au bon clos" qui avait assisté en octobre 2012 à une intervention de Michel Pastureau, rapporte que :

"Quant à l'ivrognerie, elle ne semble guère fustigée en ces temps, car peu de documents y réfèrent. D'ailleurs, pour saint Thomas d'Acquin, très indulgent envers la gloutonnerie (lui-même très corpulent, "sans doute le plus gros de son siècle", à l'instar de Platon et de Bouddha !), "celui qui s'enivre est excusé du péché s'il ignore l'effet du vin", et "un homicide est plus grave s'il est perpétré par quelqu'un de sobre".

Le latin de l'époque distingue l'"ebrietas (légère ivresse) de la crapuila* (ivrognerie, puis débauche, crapulerie). L'ivrogne, c'est le "crapulosus".

Guillaume le Roux, fils de Guillaume le Conquérant, buvait, dit un chroniqueur, tant le soir qu'il ne pouvait conduire la chasse le lendemain. Le clergé ne faisait pas de cadeau à cet anticlérical qui fut traité de rubicundous, crispus, rufus, crassus (=obèse) et crapulosus.
(...)
Un spécialiste des couleurs, ne pouvait pas ne pas aborder in fine ce thème. On observa que la couleur réelle du vin n'est pas la couleur nommée (blanc, rouge). En vieux français on disait d'ailleurs vermeil. Au Moyen-Age, blanc et rouge sont opposés, plutôt que blanc et noir. Et l'eau n'était pas blanche, mais verte..." - bit.ly/1BbMUoc

Le vert de gris étant poison, la crainte de boire de l'eau était alors amplement justifiée.


- Sources et Notes - 
Vidéo publiée sur la page facebook de Citadelle - Un Autre Regard sur le Moyen Age, le 7 février 2015 et que l'on pourra sisionner ici bit.ly/19i7xDn
au bon clos - bit.ly/1BbMUoc
(*) "L’histoire nous apprend que les Grecs et les Romains extrayaient de la résine de pin maritime, la poix (sorte de colle, de résine d’encollage), des baumes et des aromates, dont la "crapula", qui servait à parfumer le vin, nom d’expression qui désigna plus tard les ivrognes". - bit.ly/1KXx9mk
"Crapula" et ses dérivés - bit.ly/19ieRyF

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