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Le 6 décembre : jour de la saint Nicolas
Publié le 6 Décembre 2016

    Au Moyen Age, les jours de repos représentent près d'un tiers de l'année. Parmi les principales fêtes religieuses, on compte Pâques et Noël. Le mois de décembre est à ce point riche en festivités et amusements de toutes sortes qu'il en devient le plus joyeux des mois de l'année. Centrées autour de Noël, les réjouissances débutent toutefois dès le début du mois de décembre à la saint Nicolas pour s'achever un mois plus tard avec l'Epiphanie (Typhaine ou nuit des rois).


Saint Nicolas bénissant trois enfants
Livre d’heures de Jean de Vy (XVe siècle)

Le 6 décembre : saint Nicolas

        Les écoliers célébrent leur saint patron Nicolas à l'école (et non en restant à la maison) en chahutant leur professeur, en faisant du vacarme, en jouant aux osselets (petits os ou "carpe" faisant partie de la patte arrière d'un porc ou d'un très jeune mouton) :

 

"Pendant le Moyen Age, le jeu des osselets semble avoir pris le nom de "jeu des bibelots".
Un osselet présente quatre faces d’un aspect différent :
- des deux plus larges faces, l’une est convexe, l’autre concave.
- des deux plus étroites, l’une est plate, l’autre sinueuse.
Suivant le rapport des auteurs de l’Antiquité, ces faces avaient chacune un nom et correspondaient à une valeur numérique :
Le côté plan («planum») égalait un. Le côté concave («supinum») égalait trois. Le côté convexe («pronum») égalait quatre. Le côté sinueux («tortuosum») égalait six.
A l’origine, le jeu consiste à lancer les osselets comme on jette les dés et à interpréter le coup selon les conventions du jeu qui est basé soit sur la valeur numérique des faces, soit sur la figuration du coup.

Petite histoire d’osselets


Photo montage citadelle.org

mais aussi au "dez" jeu de hasard pourtant interdit par l'Église (ordonnance du 3 avril 1369 promulguée par le roi Charles V). Qualifié d'invention du diable, ce jeu connaît un succès considérable tout au long de la période médiévale :

 

"[Le dé] a exercé au Moyen Âge une influence profonde sur les comportements, et sa place dans la société médiévale est importante.
Ainsi, de nombreuses fortunes ont été brisées par une trop forte passion du jeu de dés.
Le dé médiéval, appelé ‘aléa’, ‘taxillus’, ‘decius’, ou ‘dez’, est fabriqué en os, en corne, en bois, en argile ou en cire pour les exemplaires communs, en ivoire, en or, en argent, en pierre ou en pâte de verre pour les plus prestigieux.
Ce sont des accessoires personnels au Moyen Âge.
Le marquage (pointure des dés au Moyen Âge) est identique à celui de notre époque ; le total des deux faces opposées est toujours égal à sept.
Un dé ne respectant pas cette règle est dit «mespoinz»."

Colloque des enfants au Musée d'Aquitaine 2006 en lien avec l’exposition "Gratia Dei, les chemins du Moyen Âge"

Tout comme la toupie, objet magique dont on ne savait où il allait ni quand il pouvait bien s'arrêter.

Les enfants jouaient aussi aux billes ou "gobilles" faites de glands, de noix, de marrons, de noisettes voire même en argile :

 

"Entre le Moyen Âge et la Renaissance, la bille, qui était jusqu’alors un objet naturel, devient un objet artisanal. Les billes sont faites en bois ou en métal, de forme grossièrement sphérique, elles sont alors appelées «gobilles». Certains maîtres verriers vénitiens ont même fabriqué des billes de verre au milieu du 14ème siècle. Toutefois, malgré cette évolution progressive de la bille, ce n’est qu’au 15ème siècle que les jeux s’organisent et que les règles se mettent en place, de façon orale.
Les jeux d'adresse

 
Elisabeth Féghali
Bibliographie :
Danièle Alexandre-Bidon, "La vie des enfants au Moyen Age" (De La Martinière Jeunesse, 08 mars 2010)
Danièle Alexandre-Bidon, "La vie des écoliers au Moyen Age" (De La Martinière Jeunesse, 26 août 2005)
"Dictionnaire du Moyen Âge" sous la direction de Bertrand Schnerb, Martin Aurell, Claude Gauvard et Michel Zink (Puf, 15 octobre 2002)
"Dictionnaire des lettres françaises. Le Moyen Age" de M Grente (Le Livre de Poche, 09 décembre 1992)
Perrine Man, "La vie dans les campagnes au Moyen Age à travers les calendriers" (Editions de la Martinière, 01 octobre 2004)
 
Sur le Web :
Colloque des enfants au Musée d'aquitaine (2006) : Thème d’étude : le Moyen Âge en lien avec l’exposition "Gratia Dei, les chemins du Moyen Âge".
 
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1 commentaire

#1 Publié par Léon de Noyers le vendredi 10 Octobre 2014 à 21h18

On adore Citadelle et l'on invite donc Citadelle à se pencher sur notre propre site de recherche et de culture médiévale en Région Bourgogne : Sacré Graal Nucérien


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