Articles » Actualité » Le 1er 'may' au Moyen Age

Le 1er 'may' au Moyen Age
Publié le 1 Mai 2017
"Allons au bois le may cueillir
Pour la coutume maintenir !
Nous ouïrons des oiseaux le glay
dont ils font le bois retentir
Ce premier jour du mois de may". 
Charles d'Orléans (1394 - 1465)
 
Une des fêtes caractéristiques de l'époque médiévale est la célébration du renouveau printanier qui se caractérise en poésie (et en chanson) avec le thème de la reverdie. Les troubadours ont été les plus prompts à développer ce genre dans la canso.
Au 1er jour du mois de mai, on avait coutume d'"esmayer", c'est-à-dire de cueillir et de planter un arbre appelé le "may". On honorait la nature mais aussi des personnes : les jeunes gens des jeunes filles mais on pouvait aussi honorer  des personnages importants.
 
Plantation du "may" : une coutume attestée depuis le XIIIe siècle. 
Coupé durant la nuit du 30 avril, le mât de mai est planté à l'aube, en général sur la place du marché (ou ici en pleine campagne) et décoré par les jeunes avec de petites boules rouges par exemple. 
On remarque que l'arbre est taillé en plateaux, comme souvent dans les jardins aristocratiques de la fin du Moyen Age. 
Un tressage de fin plessis protège le pied de l'arbre.
Les jumeaux, qui illustrent le signe zodiacal des Gémeaux, s'en vont "esmayer", c'est-à-dire déposer du "may" (branches d'arbres) au pied de la porte de leur bien-aimée.


Grandes Heures d'Anne de Bretagne
enluminées vers 1503 à Tours par jean Bourdichon.
Paris, BnF, lat 9474, f.8 -

Comme la nuit de May...
Robin d'Ambert fust alez avec...
certains compaignons de la ville de Crecy sur Sere
par esbatement cueillir du May ou autre verdure,
pour porter devant les hostelz des jeunes filles,
si comme il est acoustumé de faire en celle nuit...1
 
Au matin du 1er mai, deux jeunes gens donnent l'aubade devant la porte d'une jeune fille, accompagnés l'un d'un cornet à bouquin, l'autre d'une harpe. 
On distingue certaines portes décorées de "may" c'est-à-dire de branches fleuries : elles ont été esmayées d'une grande branche de may.
 
Livre d'Heures
enluminés durant le dernier quart du XVe siècle en Flandre.
Paris, Bibl. Mazarine, ms. 502, f.5
 
 
Jeunes nobles se battant en duel avec une branche de "may" en guise de lance. C'est l'illustration même de la Fête du Feuillu (ou du Moussu) mais très rarement représentée dans les manuscrits : le 1er mai, les garçons se recouvraient de feuilles et de mousse en l'honneur du printemps et paradaient en cortège, passant de maisons en maisons en quête d'offrandes.
 

Livres d'Heures de Charles d'Angoulême
enluminé vers 1490 en Angoumois par Robinet Testard.
Paris, BnF, lat 1173, f.3
 
La figure du Feuillu, cet homme branchu couvert de verdure se retrouve dans ce dessin2 :
 

The Housebook Master
Combat of Two Wild Men on Horseback (c. 1475-1480)
Rijksprentenkabinet, Rijksmuseum, Amsterdam
 
 
Notes :
 - 1 esmayer : Planter le mai, même un autre jour que le 1er du mois de mai ; d'où Esmayement, L'action de le planter.
"Lorsque l'une des filles dudit exposant, nommée Johannette, vit ledit Caronchel, elle li dit que la nuit S. Nicolay il l'avoit Esmayée et mis sur leur maison une branche de seur, en disant qu'il n'avoit mie bien fait de ce faire, et qu'elle n'estoit mie femme à qui l'en deust faire telz esmayemens ne telz dérisions, et que elle n'estoit mie puante, ainsin que ledit seur le signifioit."
 - 2 Merci à Benoit B.
 
Sources :
 - "Dans la vie des campagnes au Moyen Age à travers les calendriers" par Parrine Mane (la Martinière, octobre 2004)
 
 
 
 
 
 
Share
Aucun commentaire


Poster un commentaire

Nom ou pseudo (obligatoire)
URL de votre site
Texte
Cryptogramme
(saisissez les lettres/chiffres ci-dessus)
  • Les commentaires sont modérés et peuvent faire l'objet de suppressions.
  • Tous propos diffamatoires ou hors sujets seront supprimés.