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'Léonor' (1975) de Juan Luis Buñuel
Publié le 21 Mai 2012

Juan Luis Buñuel, fils de Luis Buñuel, propose ici un film assez déroutant puisque le Moyen Age y est abordé de manière fantastique1. Fantastique mais sans artifices inutiles !

L'atmosphère y est souvent pesante, une impression très puissamment renforcée par la musique originale d'Ennio Morricone. Malgré cela, on est happé par cette singulière histoire d'amour et le personnage détestable incarné par Michel Piccoli obtient progressivement notre sympathie. Léonor n'est pas un film facile mais il mérite d'être découvert (il est d'ailleurs régulièrement diffusé sur le petit écran).

Inspiré de la nouvelle "Wake not the dead" de Johann Ludwig Tieck2 (1773-1853), romantique allemand très féru de Moyen Age, le film met en scène Richard (Michel Piccoli) un riche seigneur rendu fou de douleur après le décès de son épouse Léonor (Liv Ulman). Il ne tarde cependant pas à prendre pour seconde épouse, la jeune et très jolie Catherine (Ornella Mutti) dont il aura 2 fils mais qu'il ne parviendra jamais à aimer. Inconsolable, rien ne réussit à lui faire oublier Léonor, dont il reste éperdument amoureux. La mort rôde et bien vite le vieil homme est pris d’hallucinations jusqu’au moment où sa vision se révèle bien réelle... pour son plus grand malheur !

Acteurs :
Michel Piccoli : Richard 
Liv Ullmann : Leonor 
Ornella Muti : Catherine 
Antonio Ferrandis : Thomas Vanette
George (Jorge) Rigaud : le père de Catherine
José María Caffarel : le médecin
Carlos Coque : Grégoire
José-Luis Romera : Mathieu
José María Prada   
Ángel del Pozo
José Guardiola   
Piero Vida   
Tito García   
Francisco (Paco) Nieto
José Moreno   
Carmen Maura   
Ana Gasber...

Musique originale :
Elle est signée Ennio Morricone et rythme les scènes les plus angoissantes ("Infernale Leonor", "Suite: Venuta Dal mare"...).

1. Leonor (01:50)
2. Infernale Leonor (17:48)
3. Leonor (02:23)
4. Venuta Dal Mare (14:35) extrait de "Ecce Homo - I Sopravvissuti"

Edda dell'Orso, dont la voix cristaline nous enchante une fois encore ("Leonor").
Nicola Samale à la flûte
Dino Asciolla à la viole.

Elisabeth Féghali

Notes :

1 Le titre même du film suggère le fantastique et rappelle les poèmes d'Edgar Alan Poe et de Göttfried August Bürger.

2 Déjà, en 1796, en collaboration avec le jeune Wilhelm Heinrich Wackenroder, Johann Ludwig Tieck avait écrit un roman reflétant le mysticisme médiéval "Epanchements d’un moine ami des arts".

Ludwig Tieck 
Le conteur le plus disert et le plus divers de ce premier groupe romantique est Ludwig Tieck (1773-1853). Il le précède et le dépasse largement. Ses premiers récits avaient été des satires des modes du temps : le werthérisme, la sensibilité larmoyante, le culte du « génie ». Bientôt, sous l'influence de Wackenroder, il découvre la poésie du Moyen Âge et s'en inspire dans une série de contes : Les Quatre Fils Aymon, Mélusine, Barbe-Bleue. Puis il crée des récits poétiques et fantastiques comme Le Blond Eckbert qui connut un très grand succès, des romans comme Les Voyages de Franz Sternbald, autre réplique du Wilhelm Meister, mais située dans le décor aimé de la Nuremberg du XVIe siècle, enfin des pièces de théâtre présentant sous forme de conte la satire du monde littéraire de son temps : Le Chat Botté, Le Monde à l'envers, Le Prince Zerbino... Après le déclin du romantisme, Tieck s'est tourné vers le réalisme. Il a continué à produire des romans historiques, des nouvelles psychologiques d'une réelle valeur.

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1 commentaire

#1 Publié par roxan le jeudi 22 Novembre 2012 à 11h39

Bonjour où peut se procurer ce film ?


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